Le doyen de la section nous a quitté, Jean CAILLET s’est éteint le 6 avril 2026 à l’âge de 103 ans.

Le 1 Janvier 1942, alors qu’il n’a que 19 ans, Jean prend la décision de quitter le village de Mortemer près de Neufchatel en Bray ( Seine Maritime) et de traverser, si possible, la zone libre afin de rejoindre les Forces Françaises Libres ce qui n’était pas sans risques. Après quelques mois en Haute-Savoie le désir de rejoindre le Général De Gaulle le tenaille, il prend alors la route du Sud. Après de multiples péripéties il parvient à franchir les Pyrénées le 1 Février 1943 grâce à des passeurs (on imagine dans quelles conditions à cette époque de l’année!!). Malheureusement il est arrêté par des gardes espagnols et interné dans les sinistres camp de Franco dont celui de Miranda où pendant six mois il subit, avec ses compagnons d’évasion, de multiples souffrances et privations. La dysenterie dans ces camps fait des ravages. Pendant ce temps en zone nord son père est arrêté et interné à Drancy, puis plus tard sa mère et sa soeur de 15 ans par des gendarmes français!! En Juin une opportunité lui permet de sortir enfin de ces camps et traversant le Portugal, Jean arrivera à rejoindre le Maroc et signera le 13 de ce mois, un engagement dans l’Armée de l’Air pour la durée de la Guerre. Son désir est de devenir pilote mais malheureusement les sévices subit en Espagne ne lui permettront pas de franchir les critères médicaux exigés pour cette spécialité. Jean sera donc affecté dans le Personnel Non Navigant en adoptant alors la spécialité de mécanicien d’équipements de bord. Il est envoyé à Alger où stationne le Groupe de Bombardement 1/25 »Tunisie » lequel est en attente pour rejoindre l’Angleterre. Le 28 Novembre 1943 le détachement quitte Alger à bord d’un paquebot, le ‘Scythia », et accoste en Décembre à Liverpool après 11jours de traversée parmi les U-bootes Allemands en maraude dans l’Atlantique. S’ensuivent des cours de formation accélérée en école de la ROYAL AIR FORCE et Jean se familiarise avec les différents composants des tableaux de bord, conscient de l’exigence de cette spécialité car il y va de la vie des équipages et de la réussite de la mission. Puis il rejoint enfin les Groupes Lourds Français stationnés sur la Base d’ELVINGTON près de YORK où se regroupent le 1/25 »Tunisie » ainsi que le 2/23 »Guyenne » équipés du quadrimoteur »Halifax III ». Pendant près de deux années Jean va assumer sa spécialité qui n’était pas exempt de risques car sur les tarmacs il arrive parfois qu’une bombe mal accrochée explose et tue le personnel alentour. Pendant tout ce séjour il n’a aucune nouvelle de ses proches. En Octobre 1945 les deux Groupes Lourds (qui ont payé un très lourd tribut pour la Libération de l’Europe), rejoignent la Base de BORDEAUX-MERIGNAC et son engagement prend fin après lui avoir délivré un costume car il ne possède aucun vêtement civil!!. Jean remontes alors vers le nord de la France mais pour découvrir l’Horreur en apprenant que 9 de ses proches ont disparu dans les camps d’extermination. Pendant de nombreuses années il ne pourra s’exprimer sur cette disparition. Aujourd’hui il dit……ils ne sont pas revenus…… (ainsi que le père d’Huguette son épouse).
Jean se lancera dans le commerce du mobilier mais s’impliquera également dans la vie associative dans différents domaines, en particulier au sein de l’Amicale des Forces Aériennes Françaises Libres. J’aurai alors la chance de le rencontrer au sein de l’Association Jubilee lorsque notre équipe créera le Mémorial du 19 Août 1942 découvrant en Jean des qualités de diplomate, de conciliateur, toujours emprunt de gentillesse. Depuis 2001 il est un fidèle adhérent de notre Association Nationale des Sous-Officiers de Réserve de l’Armée de l’Air.
DECORATIONS ATTRIBUEES
CHEVALIER de la LEGION D’HONNEUR
CROIX du COMBATTANT
MEDAILLE des EVADES
MEDAILLE de l’INTERNEMENT pour FAITS de RESISTANCE
MEDAILLE DE RECONNAISSANCE de la NATION
COMMEMORATIVE de la ROYAL AIR FORCE